Qu’est-il arrivé à Ruthie et Elease Johnson, les filles de Bumpy Johnson ?

Les filles de Ellsworth « Bumpy » Johnson, le célèbre parrain de Harlem, ont vécu dans l’ombre de leur père notoire avant de connaître un destin tragique. Ruthie et Elease Johnson, bien qu’ayant des mères différentes, ont partagé le lourd héritage du nom de famille Johnson et les conséquences de la criminalité organisée qui ont marqué leur existence.

Ruthie et Elease Johnson étaient les deux filles du légendaire gangster de Harlem, Ellsworth Raymond « Bumpy » Johnson. Né le 31 octobre 1905 à Charleston en Caroline du Sud, Bumpy Johnson était devenu l’une des figures les plus redoutables du crime organisé américain dans les années 1930-1960.

Ces deux femmes avaient des mères différentes mais partageaient le même père criminel. Elease était la fille de Bumpy Johnson et de Mayme Hatcher, qu’il avait épousée en 1948 après l’avoir rencontrée dans un club appartenant à la chanteuse Ethel Waters. Ruthie, quant à elle, était née d’une relation antérieure de Bumpy Johnson.

L’héritage difficile du nom Johnson

Grandir en tant que fille de Bumpy Johnson n’était pas une sinécure. Le patriarche de la famille, surnommé le « Parrain de Harlem », dominait le quartier par sa brutalité et ses activités illicites. Il avait été condamné en 1952 à 15 ans de prison pour conspiration liée au trafic de drogue avant d’être libéré en 1963.

Les filles Johnson ont dû naviguer dans un monde où leur nom de famille était à la fois respecté et craint. Cette notoriété paternelle allait malheureusement impacter leurs vies de manière dramatique.

Quels obstacles ont rencontré les filles Johnson ?

L’héritage criminel de Bumpy Johnson a créé des obstacles considérables pour ses filles, particulièrement dans leur quête d’une vie normale.

Les difficultés d’Elease Johnson

Elease Johnson a été particulièrement affectée par le passé criminel de son père. Elle n’a pas pu poursuivre d’études supérieures à cause de l’histoire criminelle familiale. Cette frustration l’a menée vers une spirale autodestructrice.

Face à l’amertume et aux difficultés, Elease s’est tournée vers la drogue pour faire face à sa réalité. Pour financer sa dépendance aux narcotiques, elle s’est mise au vol à l’étalage, reproduisant ainsi d’une certaine manière les activités illégales familiales.

Elease avait une fille prénommée Margaret, mais sa toxicomanie l’empêchait de s’occuper correctement de son enfant. Tout l’argent qu’elle pouvait obtenir était consacré à l’achat de drogues. Par conséquent, Margaret fut élevée par ses grands-parents, Bumpy et Mayme Johnson.

Le mystère entourant Ruthie Johnson

Contrairement à Elease, moins d’informations sont disponibles concernant Ruthie Johnson et les défis qu’elle a rencontrés. Elle semble avoir maintenu un profil plus discret, évitant ainsi les projecteurs qui éclairaient souvent la famille Johnson.

Comment sont-elles décédées en 2006 ?

L’année 2006 a marqué une tragédie familiale avec la mort des deux filles de Bumpy Johnson. Leurs décès ont suscité de nombreuses questions et spéculations.

La mort d’Elease Johnson

Selon plusieurs sources, Elease Johnson serait décédée d’une crise cardiaque causée par un surdosage de narcotiques. Sa longue lutte contre la toxicomanie aurait finalement eu raison de sa santé. Cette fin tragique reflète les ravages que peuvent causer les stupéfiants sur une existence humaine.

La mort d’Elease rappelle étrangement celle de son père, Bumpy Johnson, qui était décédé d’une crise cardiaque le 7 juillet 1968 au Wells Restaurant, alors qu’il était sous le coup d’une inculpation fédérale pour conspiration liée aux drogues.

Le mystère de la mort de Ruthie Johnson

Concernant Ruthie Johnson, les circonstances de son décès demeurent nébuleuses. Bien qu’elle soit morte la même année qu’Elease, aucun détail précis n’a été révélé sur les causes de sa disparition. Cette opacité alimente encore aujourd’hui les interrogations du public.

Le fait que les deux sœurs soient décédées la même année n’est probablement pas une coïncidence, suggérant que les traumatismes familiaux et l’héritage paternel ont pu jouer un rôle dans leurs destins respectifs.

Quel impact culturel ont-elles eu après leur mort ?

Malgré leurs vies relativement discrètes, Ruthie et Elease Johnson continuent d’attirer l’attention du public, principalement à travers les œuvres culturelles consacrées à leur père.

Présence dans les médias

Les filles Johnson sont devenues des personnages principaux dans le livre « Harlem Godfather » écrit par Mayme Hatcher Johnson en 2008, quand elle avait 93 ans. Dans cette biographie posthume de son mari, Mayme partage des détails intimes sur la vie familiale des Johnson.

Elles apparaissent également dans plusieurs productions cinématographiques et télévisuelles, notamment dans les films « American Gangster », « Hoodlum » et « The Cotton Club ». Plus récemment, la série télévisée « Godfather of Harlem » créée en 2019 met en scène leur histoire familiale.

La controverse Malcolm X

Une intrigue particulièrement intéressante concerne la relation supposée entre Elease Johnson et Malcolm X. Dans la série « Godfather of Harlem », Elease entretient une relation amoureuse avec le leader des droits civiques, et ils s’approchent même d’un baiser.

Cette représentation fictionnelle s’appuie sur l’amitié réelle entre Bumpy Johnson et Malcolm X dans les années 1940. Malcolm était alors un petit délinquant de rue, et Bumpy lui avait offert protection après sa rupture avec la Nation of Islam. Cependant, aucune preuve historique ne confirme une relation romantique entre Elease et Malcolm X, qui était marié à Betty.

Que sont devenus les descendants Johnson ?

L’histoire familiale ne s’est pas arrêtée avec la mort de Ruthie et Elease en 2006. Leurs descendants ont continué à porter l’héritage complexe du nom Johnson.

Margaret Johnson, la petite-fille

Margaret, la fille d’Elease élevée par ses grands-parents, avait développé une relation particulière avec Bumpy Johnson. Elle l’aidait même à calculer les profits de ses activités de trafic de drogue, démontrant une intelligence précoce malgré les circonstances.

Margaret était surnommée « Annie Oakley de Harlem » après avoir réussi à vaincre un homme qui tentait de la voler, malgré le fait qu’elle était en fauteuil roulant. Comme son grand-père, elle était reconnue pour ses activités philanthropiques dans le quartier.

Selon le New York Daily News, Margaret est décédée en 2016 à l’âge de 66 ans, laissant derrière elle son fils unique, Anthony Johnson.

L’héritage contemporain

Aujourd’hui, l’intérêt pour l’histoire des filles Johnson persiste, alimenté par les productions culturelles contemporaines. Leur histoire illustre les conséquences intergénérationnelles du crime organisé et les difficultés rencontrées par les familles de criminels notoires.

La saga familiale Johnson continue de fasciner le public, non seulement pour son aspect criminel, mais aussi pour les drames humains qu’elle révèle. Les destins tragiques de Ruthie et Elease rappellent que derrière chaque figure criminelle légendaire se cachent des histoires personnelles complexes et souvent douloureuses.

L’année 2006 a marqué la fin définitive de cette génération Johnson, trois ans avant que Mayme Hatcher Johnson ne s’éteigne elle aussi en mai 2009. Ainsi s’est achevée une époque, laissant place aux représentations fictionnelles et aux témoignages historiques pour perpétuer la mémoire de ces femmes qui ont vécu dans l’ombre d’un géant du crime organisé américain.